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À Dakar, le chef d’état-major des Armées fait de la cybersécurité une « priorité collective »

Pour les cinquante ans des Transmissions militaires, l’armée sénégalaise a coorganisé vendredi avec une société privée la première édition d’Africa Cyber Network. Le vice-amiral Oumar Wade y a appelé administrations, entreprises, universités et citoyens à prendre leur part de la défense du cyberespace.

Pourquoi c’est importantL’armée demande au secteur privé et aux citoyens de s’impliquer dans la cybersécurité, alors que la loi votée en août attend encore ses décrets. Les entreprises qui gèrent des systèmes sensibles sont les premières concernées.

Coucher de soleil sur Dakar, vu depuis l’île de Gorée. La capitale a accueilli du 15 au 17 octobre la première édition d’Africa Cyber Network, organisée avec les Transmissions des Armées.
Coucher de soleil sur Dakar, vu depuis l’île de Gorée. La capitale a accueilli du 15 au 17 octobre la première édition d’Africa Cyber Network, organisée avec les Transmissions des Armées.Photo : Fawaz.tairou, CC BY 4.0 · source
Résumé en 30 secondes
  • Le vendredi 16 octobre 2026, la DTIA et la société Africa Cyber Network ont organisé à l’Institut de défense du Sénégal un colloque sur la cybersécurité, la cyberdéfense et l’IA.
  • Le chef d’état-major général des Armées, le vice-amiral Oumar Wade, a appelé administrations, entreprises, universités et citoyens à faire de la sécurité numérique une « priorité collective ».
  • L’événement marquait les cinquante ans des Transmissions militaires et se prolongeait samedi par une journée B2B ouverte aux vendeurs de solutions.
  • Il intervient alors que la loi sénégalaise sur les infrastructures critiques, votée en août, attend toujours ses décrets d’application.
La suite : Du Sahel au cloud étranger

D’habitude, l’Institut de défense du Sénégal forme des officiers. Vendredi 16 octobre, l’École de guerre du camp de Bel-Air a reçu des chercheurs, des juristes, des ingénieurs en IA et des vendeurs de solutions de sécurité. Le vice-amiral d’escadre Oumar Wade, chef d’état-major général des Armées, y a ouvert un colloque intitulé « Cybersécurité, cyberdéfense et intelligence artificielle : enjeux stratégiques pour le Sénégal et les Armées ».

« La construction d’un environnement numérique sûr, résilient et digne de confiance doit constituer une priorité collective, mobilisant l’ensemble des administrations, les entreprises, les établissements de formation et de recherche, ainsi que les citoyens. »

Le vice-amiral d’escadre Oumar Wade, chef d’état-major général des Armées, cité par APA

Le colloque était organisé par la Direction des transmissions et de l’informatique des Armées (DTIA), qui fête les cinquante ans de l’arme des Transmissions. La veille, au camp colonel Mamadou Dieng de Yeumbeul, le chef d’état-major avait dévoilé une plaque commémorative après une parade.

Du Sahel au cloud étranger

Le programme publié par les organisateurs couvrait large. Il annonçait le colonel Babacar Diagne, directeur de la DTIA, sur la numérisation du champ de bataille, et le général Jean-Luc Diène, ancien patron du renseignement extérieur, sur les menaces au Sahel. Les panels devaient réunir le Pr Djiby Sow (université Cheikh-Anta-Diop) et le Belge Georges Ataya, de la Belgian Cybersecurity Coalition, sur la cyber-résilience des États. Le colonel Aly Mime, directeur général du Chiffre et de la Sécurité des systèmes d’information, rattaché à la présidence, figurait à la table consacrée à la cyberdéfense militaire. Un débat portait aussi sur la dépendance des États aux fournisseurs de cloud étrangers. Les comptes rendus publiés ne disent pas qui a réellement pris la parole.

Une société privée aux côtés de l’armée

Africa Cyber Network n’est pas une institution publique. C’est une SARL sénégalaise qui vend de la formation, des certifications (Cisco, Huawei, EC-Council…), des audits, des tests d’intrusion et des services de SOC. L’un de ses cofondateurs, le colonel à la retraite Ibrahima Diouf, figurait lui-même au programme. Parmi les logos de partenaires affichés sur le site, celui de Huawei est le seul clairement identifiable. Samedi, au cercle-mess des officiers, une journée B2B devait mettre face à face exposants (pare-feu, SOC, drones, cyber ranges) et acheteurs publics. Les 200 places du colloque étaient gratuites, sur inscription.

Une clé de sécurité physique servant à l’authentification forte. La gestion des identités et des accès faisait partie des solutions annoncées au salon professionnel du samedi.
Une clé de sécurité physique servant à l’authentification forte. La gestion des identités et des accès faisait partie des solutions annoncées au salon professionnel du samedi.Jonathan Molina, CC BY-SA 2.0

La loi d’août attend toujours ses décrets

L’appel du chef d’état-major arrive deux mois après le vote, à l’unanimité, de la loi n° 25/2026 sur les infrastructures d’information critiques. Elle crée une Autorité nationale de cybersécurité, impose l’hébergement local des données publiques et prévoit des amendes allant jusqu’à 800 millions de FCFA. Au 18 octobre, nous n’avons trouvé aucune trace publique des décrets d’application, ni de nomination à la tête de cette autorité. Aucune mesure concrète n’a été annoncée à l’issue du colloque. Africa Cyber Network dit vouloir en faire un rendez-vous annuel, sans date fixée pour 2027.

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Sources
  1. Sénégal : les Armées face aux défis du cyberespace, APA.
  2. Cinquantenaire des Transmissions : Les Armées sénégalaises et l’ACN débattent de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle, Terangatimes.
  3. Un demi-siècle au service de la Défense nationale, Le Soleil.
  4. Africa Cyber Network 2026 : programme, Africa Cyber Network.
  5. Les nominations en conseil des ministres de ce 14 mai 2025, Ndarinfo.

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