JOJ Dakar 2026 : le Sénégal teste sa défense contre les cyberattaques
À quelques semaines des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, le Sénégal prépare aussi un autre terrain : celui de la cybersécurité. Depuis le 28 septembre, plusieurs exercices mettent à l’épreuve la capacité du pays à détecter, gérer et coordonner une réponse face à une cybercrise.
- La préparation numérique des JOJ s'accélère. La Commission cybersécurité et infrastructures numériques du Comité national de la Sécurité des JOJ, présidée par la DCSSI, organise du 28 septembre au 4 octobre un Cyberdrill et des exercices sur table consacrés à la gestion des crises cyber.
Les JOJ ont aussi un front numérique
Lors d'un événement sportif international, les risques ne se limitent pas à la sécurité physique des athlètes et des spectateurs. Billetterie, communications, systèmes de transport, vidéosurveillance, sites web, applications mobiles, réseaux internes ou encore systèmes de gestion peuvent dépendre d'infrastructures numériques. Une attaque informatique réussie pourrait donc perturber certains services, provoquer une fuite de données ou compliquer la gestion d'une situation d'urgence. C'est précisément pour cette raison que les autorités sénégalaises multiplient les exercices avant le début des JOJ.
Un Cyberdrill jusqu'au 4 octobre
Du 28 septembre au 4 octobre 2026, la Commission cybersécurité et infrastructures numériques du Comité national de la Sécurité des JOJ organise un Cyberdrill, accompagné d'exercices sur table, ou Tabletop Exercises (TTX). L'objectif est de renforcer la coordination entre les différents acteurs et de tester leur capacité à réagir lorsqu'un incident affecte l'écosystème numérique des Jeux. Concrètement, ce type d'exercice permet de travailler sur différents scénarios : compromission d'un système, interruption d'un service, attaque contre une infrastructure ou encore nécessité de coordonner rapidement plusieurs équipes. L'intérêt n'est donc pas uniquement de savoir si une attaque peut être détectée. Il faut également déterminer qui prend la décision, qui communique, qui intervient et comment les services essentiels sont rétablis.
Saint-Louis au cœur des Cyber War Games
Samedi 3 octobre, alors que le Cyberdrill national se poursuivait, Saint-Louis accueillait la troisième édition des Cyber War Games – Flame Tour. L'événement proposait notamment un Cyber Park et un Cyber Range, deux espaces consacrés à la formation, à la pratique et à la sensibilisation aux problématiques de cybersécurité. Selon l'organisation, environ 200 compétiteurs, répartis en plusieurs équipes, étaient attendus, avec près de 2 000 personnes annoncées autour de l'événement. Les JOJ Dakar 2026 figuraient également parmi les enjeux de cette édition. Au-delà de la compétition, ce type d'initiative permet de rapprocher les étudiants, les professionnels et les acteurs institutionnels de la cybersécurité.
Le Sénégal dispose aussi d'un dispositif national
Cette préparation s'appuie sur des structures déjà chargées de la cybersécurité nationale. Le CSIRT-SN, intégré au dispositif de la DCSSI, assure notamment la surveillance, la détection, l'analyse et la réponse aux incidents de cybersécurité à l'échelle nationale. Son rôle devient particulièrement important lorsqu'une attaque dépasse le cadre d'une seule organisation et nécessite une coordination entre plusieurs acteurs. Pour un événement de l'ampleur des JOJ, cette capacité de coordination est essentielle.
Un nouveau cadre pour les infrastructures critiques
Les exercices interviennent également dans un contexte de renforcement du cadre réglementaire sénégalais. Le nouveau dispositif de cybersécurité prévoit notamment davantage d'obligations pour les infrastructures critiques : analyse des risques, mesures de protection, sauvegardes, chiffrement, plans de continuité et de reprise, audits et notification des incidents importants. L'objectif est de passer progressivement d'une logique où la cybersécurité repose principalement sur des recommandations à une approche davantage structurée et obligatoire. Cette évolution concerne des secteurs essentiels comme les télécommunications, l'énergie, l'eau, la santé, les finances ou encore certains services publics
Le véritable test commencera pendant les Jeux
Les simulations permettent de préparer les équipes, mais elles ne reproduisent jamais totalement les conditions d'une crise réelle. Pendant les JOJ, le volume de connexions, la concentration de visiteurs, les échanges de données et la dépendance aux services numériques seront beaucoup plus importants. Le défi sera donc de maintenir une surveillance constante et surtout de réagir rapidement en cas d'incident. Pour le Sénégal, les exercices organisés ces derniers jours constituent ainsi une répétition générale. La cybersécurité devient une composante à part entière de la préparation des JOJ Dakar 2026. Et au-delà des Jeux, les compétences et les mécanismes testés aujourd'hui pourront servir à renforcer durablement la résilience numérique du pays.
- CSSI CYBERDRILL JOJ DAKAR, DCSSI.
- Cyber war games 2026, Cyber War Games.
- Assemble Nationale, AN.
Une erreur ? Écrivez à infos@novotech.blog. Les corrections sont signalées en fin d'article.



