DakarLagosNairobiParisSan FranciscoTokyo

OpenAI construit son propre robot humanoïde et Sam Altman promet une démonstration en 2027

Le patron d’OpenAI a confirmé que son entreprise développe un humanoïde, sans en montrer la moindre image. Il vise une démonstration l’an prochain, mais prévient que ces robots ne circuleront pas dans les rues avant plusieurs années. Une intention, pas un calendrier de commercialisation.

Pourquoi c’est importantLe créateur de ChatGPT veut donner des bras à son IA. Il arrive sur un terrain où Tesla, Figure, 1X et des industriels chinois ont déjà des robots en usine ou en précommande.

Le logo d’OpenAI sous une loupe. L’entreprise de Sam Altman reconstruit une équipe de robotique, des années après avoir abandonné la précédente.
Le logo d’OpenAI sous une loupe. L’entreprise de Sam Altman reconstruit une équipe de robotique, des années après avoir abandonné la précédente.Photo : Jernej Furman from Slovenia, CC BY 2.0 · source
Résumé en 30 secondes
  • Interrogé par Fortune le 15 septembre 2026, Sam Altman a confirmé qu’OpenAI construit un robot humanoïde et dit s’attendre à « une très belle démo » en 2027.
  • Il prévient que ces robots ne circuleront pas dans les rues avant plusieurs années ; OpenAI n’a annoncé ni modèle, ni prix, ni date de commercialisation.
  • L’équipe OpenAI Robotics, annoncée le 31 mai et dirigée par Aditya Ramesh, vise d’abord des robots d’aide aux ouvriers qualifiés, puis un robot personnel ; 27 postes sont ouverts, dont des spécialistes des moteurs et de la fabrication.
  • OpenAI arrive après Tesla, qui installe une ligne d’Optimus à Fremont, et Unitree, qui a livré plus de 5 500 humanoïdes en 2025, et se retrouve concurrente de 1X et Figure, où elle a investi.
La suite : Un message sur X, un podcast, des offres d’emploi

La question tenait en une ligne. Alyson Shontell, rédactrice en chef de Fortune, demandait à Sam Altman si OpenAI construisait bien un robot humanoïde. « Yeah », a répondu le patron de l’entreprise, avant d’ajouter qu’il s’attendait à « une démo sympa en 2027, une très belle démo ». Puis il a tempéré : selon lui, on ne verra pas de robots marcher dans les rues « avant quelques années de plus », même si OpenAI aura « quelque chose d’impressionnant » à montrer.

L’échange, diffusé le 15 septembre dans l’émission vidéo de Fortune consacrée aux grands patrons, a refait surface ce week-end, notamment dans Engadget samedi 17 octobre. Il éclaire un chantier qu’OpenAI mène sans tapage depuis plusieurs mois et dont on ne connaît ni la forme, ni le prix, ni la date de mise sur le marché.

Un message sur X, un podcast, des offres d’emploi

Le premier signal est venu le 31 mai. Dans un message publié sur X, Sam Altman annonçait la création d’OpenAI Robotics et cherchait des ingénieurs en matériel, en systèmes, en exploitation et en apprentissage automatique. « L’IA devrait pouvoir aider les gens dans le monde physique », écrivait-il. Il décrivait un plan en deux temps : à court terme, des robots pour épauler les ouvriers qualifiés qui bâtissent « nos futures infrastructures » ; à long terme, un robot personnel pour chacun, capable de faire « tout ce dont il a besoin ». L’équipe, issue des travaux d’OpenAI sur la simulation du monde physique, est dirigée par Aditya Ramesh, selon le site The AI Insider.

Le 1er septembre, dans le premier épisode du podcast Sources du journaliste Alex Heath, Sam Altman a été plus direct. À la question de savoir si OpenAI ferait un humanoïde, il a répondu : « We will. » Sa justification est pragmatique : le monde, avec ses portes, ses escaliers et ses outils, est « très largement conçu pour les humains ». Mais il a aussitôt déplacé le sujet : l’apparence du robot compte moins, selon lui, que le « cerveau » qui le fait fonctionner.

Les offres d’emploi en disent davantage que les déclarations. Engadget a compté 27 postes ouverts en robotique sur le site de recrutement d’OpenAI. On y cherche des spécialistes du contrôle du mouvement, de l’estimation d’état (savoir où se trouve chaque partie du corps du robot), des actionneurs électromécaniques conçus sur mesure, c’est-à-dire les moteurs des articulations, mais aussi des profils de fabrication et de chaîne d’approvisionnement. Autrement dit, OpenAI ne se contente pas d’écrire des modèles pour les robots des autres : elle prépare une production.

Un bras robotisé industriel. OpenAI dit vouloir commencer par des robots qui assistent les ouvriers qualifiés avant de viser la maison.
Un bras robotisé industriel. OpenAI dit vouloir commencer par des robots qui assistent les ouvriers qualifiés avant de viser la maison.Auledas, CC BY-SA 4.0

Un retour après l’abandon

OpenAI a déjà fait de la robotique. Entre 2018 et 2019, son projet Dactyl avait appris à une main mécanique à manipuler des objets, puis à résoudre un Rubik’s Cube, en s’entraînant presque entièrement en simulation. L’équipe a ensuite été dissoute, au tournant de 2020 et 2021 : l’entreprise misait désormais sur les modèles de langage, pour lesquels les données d’entraînement abondaient et les progrès étaient plus rapides. Depuis, l’entreprise est restée dans le secteur par ses investissements. En 2023, elle a mené un tour de table de 23,5 millions de dollars dans la start-up 1X ; en février 2024, elle a participé à la levée de 675 millions de dollars de Figure et signé un accord pour fournir des modèles à ses robots. Figure a mis fin à ce partenariat en février 2025 pour développer son propre modèle, Helix.

Ces deux participations placent OpenAI dans une position inconfortable : elle devient la concurrente de sociétés dont elle est actionnaire. 1X propose déjà en précommande son humanoïde domestique NEO, à 20 000 dollars ou 499 dollars par mois, avec des premières livraisons promises aux États-Unis en 2026. Figure, valorisée 39 milliards de dollars lors de sa levée de septembre 2025, vise d’abord les usines et les entrepôts.

Face à Tesla et aux Chinois, OpenAI part de loin

La concurrence ne l’a pas attendue. Tesla remplace ses lignes de Model S et de Model X à Fremont, en Californie, par une première chaîne de production d’Optimus conçue, selon sa présentation trimestrielle d’avril, pour un million de robots par an ; une seconde, au Texas, est dessinée pour dix millions à long terme. Ce sont des capacités annoncées, pas des robots livrés, et Elon Musk a déjà dû repousser plusieurs échéances sur ce dossier.

En Chine, les volumes sont déjà réels. Unitree, dont l’introduction au STAR Market de Shanghai a été lancée en août, a livré plus de 5 500 humanoïdes en 2025 selon son prospectus, pour un chiffre d’affaires de 1,70 milliard de yuans (environ 240 millions de dollars), plus de quatre fois celui de 2024. Le constructeur automobile XPeng a, lui, fait sortir son humanoïde IRON de sa ligne d’assemblage.

Le pari d’OpenAI tient donc en une idée : les robots se ressembleront de plus en plus, et la différence se fera dans le logiciel qui les pilote, terrain où l’entreprise pense avoir une avance. C’est aussi la partie la plus difficile. Faire tenir debout un robot sur un chantier, lui faire saisir un outil inconnu sans le casser ni blesser personne, demande des données que l’internet ne fournit pas, ce qui explique l’insistance d’OpenAI sur la simulation.

Pour l’instant, l’entreprise n’a publié ni photo, ni fiche technique, ni prix, ni règles sur les données que collecterait un robot installé dans un foyer. Sam Altman n’a pas dit ce que montrerait la démonstration de 2027. Il a seulement fixé un ordre : d’abord le chantier, ensuite la maison.

Cet article vous a-t-il servi ?
Sources
  1. Sam Altman on the burden of leading OpenAI amid AI safety concerns: ‘You get used to anything’, Fortune.
  2. OpenAI is building a humanoid robot, but the body isn’t the real challenge, Engadget.
  3. Sam Altman Says OpenAI Now Has a Dedicated Robotics Initiative, Hiring Engineers, The AI Insider.
  4. Sam Altman Revives OpenAI’s Robotics Ambitions in Hiring Push, eWeek.
  5. Tesla Q1 2026 Update, Tesla (SEC).
  6. Unitree IPO draws spotlight to China’s fast-growing humanoid robot sector, China Daily / Bourse de Shanghai.
  7. Sam Altman’s OpenAI wants to get humanoid robots talking. Here’s why., Business Insider.

Une erreur ? Écrivez à infos@novotech.blog. Les corrections sont signalées en fin d'article.

À lire aussi

Plus sur NovoTech

Le Brief NovoTech

La tech africaine et mondiale, chaque matin à 7 h.

Cinq sujets, cinq minutes, heure de Dakar. Gratuit, désinscription en un clic.

Nous ne revendons pas les adresses.