Amazon négocierait le rachat de Decart pour 7 milliards de dollars, un pari sur le logiciel des puces d’IA
Selon le Wall Street Journal, Amazon discute du rachat de la jeune pousse fondée par des Israéliens pour environ 7 milliards de dollars, près du double de sa valorisation de mai. Ce qui l’intéresse : un logiciel qui fait tourner les modèles d’IA plus vite sur n’importe quelle puce, y compris les siennes.
Pourquoi c’est importantLe prix de l’IA dépend de plus en plus du logiciel qui exploite les puces. Celui qui le contrôle peut faire baisser la facture de calcul de ses clients, ou les attirer vers son propre matériel.
- Amazon négocie le rachat de la start-up d’IA Decart pour environ 7 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal du 11 octobre ; rien n’est confirmé.
- Decart valait près de 4 milliards de dollars en mai, lors d’une levée de 300 millions menée par Radical Ventures, avec Nvidia parmi les nouveaux investisseurs.
- Son logiciel DOS optimise l’exécution des modèles d’IA sur les puces de Nvidia, de Google et sur Trainium, la puce d’Amazon.
- Anthropic avait étudié un rachat pour environ 6 milliards de dollars avant d’y renoncer le mois dernier, selon Bloomberg.
Il y a cinq mois, Decart levait 300 millions de dollars et valait, selon PitchBook, près de 4 milliards. Amazon serait aujourd’hui prêt à en payer environ 7. Le Wall Street Journal a révélé dimanche 11 octobre que le géant américain négociait le rachat de cette start-up d’intelligence artificielle, en citant des personnes au fait du dossier. Un accord pourrait être conclu rapidement, écrit le quotidien, si les discussions ne capotent pas et si aucun autre acheteur ne se présente.
Rien n’est donc signé. Reuters, qui a repris l’information, dit ne pas avoir pu la vérifier. Amazon n’a pas voulu commenter en dehors des heures de bureau, Decart n’a pas répondu. Deux jours plus tard, aucune des deux sociétés ne s’était exprimée publiquement.
Un logiciel qui parle à toutes les puces
Decart a été fondée en 2023 par Dean Leitersdorf, son PDG, et Moshe Shalev, chargé des produits, deux anciens de l’unité 8200 du renseignement militaire israélien. Selon le quotidien économique Globes, l’essentiel de ses quelque 60 salariés travaillait l’an dernier à Tel-Aviv, avec des bureaux à San Francisco et New York. Le grand public la connaît, quand il la connaît, pour ses démonstrations : Oasis, un monde interactif façon Minecraft généré image par image, puis Lucy, un modèle qui transforme une vidéo en direct, par exemple pour essayer virtuellement un vêtement.
Le cœur de l’affaire est ailleurs, dans un produit moins spectaculaire : le Decart Optimization Stack, ou DOS. C’est une couche logicielle qui réécrit la façon dont un modèle s’exécute sur une puce donnée, des compilateurs jusqu’à la gestion de la mémoire. Elle fonctionne sur les processeurs graphiques de Nvidia, sur les TPU de Google et sur Trainium, la puce maison d’Amazon. La société affirme rendre les modèles jusqu’à huit fois plus rapides sur le même matériel, un chiffre qu’aucun tiers indépendant n’a publié. Elle vend cette technologie sous licence à des fournisseurs de cloud et à des laboratoires d’IA, et se dit rentable presque depuis sa création.

Pourquoi Amazon paierait le double
Amazon développe ses propres puces pour réduire sa dépendance à Nvidia, qui domine le marché. Mais une puce ne vaut que par les logiciels capables d’en tirer parti, et c’est précisément là que Nvidia garde son avance. Decart fait partie des rares équipes à avoir montré des résultats sur Trainium. Les deux sociétés se connaissent : en décembre 2025, Dean Leitersdorf était sur la scène de la conférence re:Invent d’Amazon pour présenter Lucy tournant sur Trainium3, la dernière génération. « Ils ont été parmi les premiers au monde à optimiser sur Trainium3 », a déclaré Nafea Bshara, vice-président d’Annapurna Labs, la filiale qui conçoit les puces d’Amazon, au moment de la levée de mai.
Le rachat poserait toutefois une question délicate. L’intérêt de DOS tient à sa neutralité : il aide les clients à passer d’une puce à l’autre selon les prix et les disponibilités. Entre les mains d’Amazon, il pourrait devenir un argument pour attirer ces clients vers Trainium. Nvidia, qui a investi dans Decart en mai, et Google, dont les TPU sont pris en charge, auraient alors un concurrent comme fournisseur.
Amazon n’est pas le premier à s’y intéresser. En août, Bloomberg rapportait qu’Anthropic, dont Amazon est l’un des principaux actionnaires, discutait d’un rachat pour environ 6 milliards de dollars. Selon la même agence, le créateur de Claude a renoncé le mois dernier, après avoir examiné les comptes et la technologie. Ses raisons n’ont pas été rendues publiques. Si les 7 milliards se confirment, Decart aura plus que doublé sa valeur en quatorze mois : en août 2025, elle levait 100 millions de dollars sur une valorisation de 3,1 milliards.
- Amazon in talks to buy AI startup Decart for around $7 billion, WSJ reports, Reuters (via KFGO).
- Report: Amazon in talks with AI startup Decart over possible $7B acquisition, SiliconANGLE.
- Amazon talks to buy Decart for $7B as chip software draws a premium, RuntimeWire.
- Decart : levée de 300 millions de dollars sur une valorisation de 4 milliards, Globes.
- Decart Raises $300M: Tech Leaders Back the Company as Both Customers and Investors, Decart.
- Exclusive: Decart raises $100 million at a $3.1 billion valuation, chasing the future of real-time creative AI, Fortune.
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