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Kinshasa réfléchit à devenir une ville intelligente

À Kinshasa, le numérique commence à prendre une place plus importante dans les réflexions sur l’avenir de la ville. Le gouvernement congolais et les organisateurs d’Expo Béton veulent explorer comment les technologies peuvent améliorer la mobilité, les services publics et l’aménagement urbain.

Vue urbaine de Kinshasa / illustration de la transformation numérique de la capitale.
Vue urbaine de Kinshasa / illustration de la transformation numérique de la capitale.Photo : GLOBALSANCTIONS, CC0 · source
Résumé en 30 secondes
  • La RDC ne présente pas encore Kinshasa comme une smart city achevée. L’objectif est plutôt de réfléchir à la manière dont les infrastructures numériques et les services dématérialisés peuvent accompagner la transformation de la capitale.
  • Cette réflexion intervient à quelques jours de la 12ᵉ édition d’Expo Béton, consacrée cette année à la transformation des villes congolaises
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Le numérique entre dans les plans de la ville

Le 29 septembre, le ministre de l’Économie numérique Augustin Kibassa Maliba a reçu une délégation d’Expo Béton pour discuter de l’intégration du numérique dans le développement urbain de la RDC. Les échanges ont notamment porté sur les infrastructures numériques, la modernisation des villes et la manière dont les technologies peuvent améliorer les services destinés aux citoyens, aux entreprises et aux administrations. Une idée résume cette approche : « I am digital, I am not stuck », autrement dit, le numérique pourrait permettre de limiter certains déplacements physiques en donnant davantage accès aux services à distance. Dans une métropole confrontée à d'importants problèmes de circulation et de mobilité, l'enjeu est loin d'être uniquement technologique.

Désengorger Kinshasa grâce aux services numériques

L'une des pistes évoquées consiste à utiliser les services numériques pour réduire certains déplacements inutiles. Administrations, démarches publiques, accès à l'information ou encore services urbains pourraient progressivement être davantage accessibles à distance. L'objectif serait de rendre la ville plus fluide tout en facilitant l'accès aux services. Cette approche rejoint une tendance observée dans plusieurs grandes villes africaines : utiliser les données, la connectivité et les plateformes numériques pour améliorer la gestion quotidienne plutôt que simplement ajouter de nouvelles infrastructures. Mais pour Kinshasa, le défi est particulièrement important. La ville-province s'étend sur près de 10 000 km² et compte une population de plus de 18 millions d'habitants selon les autorités provinciales. Sa croissance rend la planification urbaine de plus en plus complexe.

Câbles, pylônes et réseaux : l'autre défi

Construire une ville numérique ne consiste toutefois pas seulement à développer des applications. Les infrastructures physiques nécessaires à la connectivité doivent elles aussi être intégrées à l'urbanisme. Câbles, poteaux, équipements télécoms et autres installations doivent être installés en tenant compte de la sécurité, de l'esthétique et des règles d'aménagement du territoire. C'est précisément l'un des points soulevés lors des discussions entre le ministère et Expo Béton. La question est stratégique : une ville qui veut devenir plus connectée doit prévoir les réseaux numériques au même titre que les routes, l'électricité, l'eau ou les transports.

Kinshasa Kia Mona pousse déjà cette vision

Cette réflexion ne part pas complètement de zéro. Le projet Kinshasa Kia Mona, consacré à l'extension de la capitale, présente déjà une vision intégrant une ville intelligente, sécurisée et numérique. Le projet évoque notamment l'éclairage public intelligent, la gestion des déchets, le stationnement intelligent, la gestion de l'eau, la sécurité urbaine et le transport intelligent. Expo Béton 2026 doit d'ailleurs consacrer une partie de ses travaux à ce projet et aux grands projets d'infrastructures de Kinshasa. La réflexion autour de la smart city s'inscrit donc dans un chantier beaucoup plus large : accompagner l'expansion de la capitale tout en essayant de mieux organiser ses infrastructures et ses services.

Une ambition qui reste à concrétiser

Pour l'instant, il serait prématuré de parler d'une transformation complète de Kinshasa en smart city. La rencontre entre le ministère et Expo Béton marque surtout une étape de réflexion et de coordination. La réussite dépendra ensuite de la capacité à financer les infrastructures, connecter les services, protéger les données et faire fonctionner ces solutions à grande échelle. La RDC dispose néanmoins d'une feuille de route numérique de plus en plus structurée. En août, le gouvernement a présenté sa Politique sectorielle de l'économie numérique ainsi que sa Stratégie nationale de l'intelligence artificielle à l'horizon 2030. Pour Kinshasa, le prochain défi sera donc de transformer cette ambition numérique en services réellement utiles dans la vie quotidienne.

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Sources
  1. MEN, MEN.
  2. ACP, ACP.

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