Starship : SpaceX explique pourquoi son premier vol orbital a été écourté
Un moteur éteint trop tôt pendant la montée, et la crainte de ne pas pouvoir redescendre : SpaceX a détaillé pourquoi le vaisseau n’est resté qu’un peu plus de deux heures en orbite au lieu de dix. Une prudence qui a permis une première, la désorbitation contrôlée.
- Un des trois Raptor Vacuum du vaisseau s’est éteint trop tôt pendant la montée ; les autres moteurs ont compensé.
- Par prudence, SpaceX a lancé la désorbitation 2 h 12 après le décollage, au lieu d’un vol de dix heures.
- Le Starship a réussi sa première désorbitation contrôlée et a amerri dans le nord du Pacifique.
Le premier vol orbital du Starship, lundi 28 septembre, devait durer une dizaine d’heures et faire six fois le tour de la Terre. Il s’est achevé au bout d’un peu plus de trois heures. Dans le bilan publié sur son site, SpaceX explique avoir limité le temps passé en orbite « par excès de prudence », après un incident moteur survenu pendant la montée.
Un moteur coupé trop tôt
Après la séparation des deux étages, le vaisseau a allumé ses six moteurs Raptor. L’un des trois Raptor Vacuum, dotés d’une grande tuyère et conçus pour fonctionner dans le vide spatial, s’est éteint avant l’heure. Les cinq autres ont poussé plus longtemps pour compenser, et le vaisseau a bien atteint la trajectoire prévue. SpaceX n’a pas encore expliqué pourquoi ce moteur s’est arrêté.
Pendant plusieurs minutes, les contrôleurs ont retardé le feu vert pour l’insertion en orbite. Sans nouvel allumage, le vaisseau serait retombé seul, sur une trajectoire dite « passivement sûre », comme lors des treize vols précédents. Les équipes ont d’abord vérifié que les trois moteurs « niveau de la mer », ceux qui servent aux rallumages suivants, étaient en bon état. Un seul moteur a ensuite été rallumé une vingtaine de secondes pour placer le Starship en orbite, à environ 275 kilomètres d’altitude.
La crainte de ne pas pouvoir redescendre
Le problème n’était pas d’atteindre l’orbite, mais d’en revenir. Pour quitter l’orbite, le vaisseau doit rallumer un moteur et freiner. Sans ce freinage, un engin de cette taille resterait en orbite un certain temps avant de retomber de façon incontrôlée. Après un premier moteur défaillant, SpaceX n’a pas voulu attendre dix heures pour vérifier que les autres répondraient encore.
Entre-temps, le vaisseau a déployé ses 26 satellites Starlink de nouvelle génération, avec lesquels SpaceX dit avoir établi le contact. Les contrôleurs ont lancé la désorbitation 2 heures et 12 minutes après le décollage, puis le Starship a mis près d’une heure à redescendre. Il a visé le nord du Pacifique, une zone de repli préparée avant le lancement et dégagée de tout trafic maritime et aérien, au lieu de l’amerrissage prévu au large du Chili.
« Par mesure de précaution, compte tenu du problème moteur survenu lors de l’ascension, l’équipe de contrôle de vol a décidé de limiter la durée passée en orbite », a indiqué SpaceX. La manœuvre a réussi : un Raptor rallumé pour la toute première désorbitation du programme, la traversée de l’atmosphère, puis le redressement sur trois moteurs avant l’amerrissage à l’endroit visé, où le vaisseau a ensuite explosé.
Pour SpaceX, le bilan reste positif : première orbite, premiers satellites de nouvelle génération déployés depuis le Starship, première rentrée commandée depuis l’orbite. Reste à comprendre la panne du Raptor Vacuum, un point décisif pour les missions à venir vers la Lune, qui exigeront des moteurs fiables après des jours dans l’espace.
- SpaceX explique pourquoi le vol orbital de la fusée géante Starship s’est abrégé si vite, Numerama.
- SpaceX : revivez le tout premier vol orbital de Starship à travers des images spectaculaires, Clubic.
- SpaceX’s latest Starship mission reached low-Earth orbit, Engadget.
Une erreur ? Écrivez à infos@novotech.blog. Les corrections sont signalées en fin d'article.




