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Afrique du Sud : la banque FNB ouvre le bitcoin à ses clients, mais les cryptos restent à la banque

Depuis le 6 octobre, les clients de First National Bank peuvent acheter et vendre cinq cryptomonnaies à partir de 10 rands, depuis leur application. Une porte d’entrée simple et encadrée, avec une contrepartie de taille : impossible de sortir ses pièces de la plateforme.

Pourquoi c’est importantQuand une grande banque met le bitcoin à portée de clic, le risque d’un actif très volatil arrive chez des épargnants qui ne l’auraient jamais acheté ailleurs. Et ce modèle pourrait inspirer d’autres banques africaines.

Une agence First National Bank à Paarl, près du Cap. La banque sud-africaine propose depuis le 6 octobre l’achat de cryptomonnaies dans ses produits de bourse en ligne.
Une agence First National Bank à Paarl, près du Cap. La banque sud-africaine propose depuis le 6 octobre l’achat de cryptomonnaies dans ses produits de bourse en ligne.Photo : ECSequeira, CC BY-SA 3.0 · source
Résumé en 30 secondes
  • Depuis le 6 octobre, les clients de FNB peuvent acheter et vendre cinq cryptomonnaies à partir de 10 rands, via ses produits de bourse en ligne.
  • Le service repose sur VALR, plateforme de Johannesburg agréée par l’autorité financière sud-africaine.
  • Les cryptos ne peuvent ni entrer ni sortir de la plateforme : pas de transfert vers un portefeuille personnel.
  • Discovery Bank propose déjà la crypto avec Luno, mais en laissant les fonds circuler librement.
  • Le modèle, encadré et prudent, pourrait inspirer des banques au Nigeria, au Kenya ou au Ghana.
La suite : Un « jardin fermé »

L’une des plus grandes banques de détail d’Afrique du Sud entre dans la cryptomonnaie. Mardi 6 octobre, First National Bank (FNB) a ajouté l’achat et la vente de cryptoactifs à ses offres de bourse en ligne, Share Saver, Share Builder, Share Investor et Share Zero. Cinq actifs sont proposés : le bitcoin, l’ether, le XRP, le solana et l’USDT, une « stablecoin » adossée au dollar américain. Le ticket d’entrée est de 10 rands, à peine plus d’un demi-dollar.

FNB ne gère pas elle-même les échanges. Elle s’appuie sur VALR, une plateforme de Johannesburg agréée par l’autorité des marchés financiers, la Financial Sector Conduct Authority (FSCA). Pour le client, tout se passe pourtant dans l’application de la banque, et les achats sont payés depuis son compte FNB.

Un « jardin fermé »

La particularité du service tient à ce qu’il interdit. On ne peut ni transférer ses cryptos vers un portefeuille personnel ou une autre plateforme, ni déposer des pièces que l’on possède déjà. On achète, on garde, on revend, et l’argent revient en rands sur le compte. La banque justifie ce cloisonnement par la sécurité de sa plateforme et par une approche prudente des règles de conformité et du contrôle des changes, très stricts en Afrique du Sud.

Le choix tranche avec celui de Discovery Bank, qui propose la cryptomonnaie depuis fin 2025 avec la plateforme Luno : ses clients ouvrent ou relient un compte Luno et y déplacent leur argent librement. Chez FNB, la crypto est vendue comme un placement parmi d’autres, pas comme une nouvelle monnaie. Selon TechCentral, Sizwe Nxedlana, directeur général de la banque, y voit une réponse aux clients qui demandaient des placements alternatifs pour diversifier leur épargne. Bheki Mkhize, à la tête de la gestion de patrimoine de FNB, insiste lui sur la pédagogie : la banque veut que ses clients comprennent ce qu’ils achètent, « y compris la volatilité ».

Logos de cryptomonnaies. FNB n’en propose que cinq, dont le bitcoin, l’ether et l’USDT, un jeton adossé au dollar.
Logos de cryptomonnaies. FNB n’en propose que cinq, dont le bitcoin, l’ether et l’USDT, un jeton adossé au dollar.voytek pavlik, Domaine public

Un modèle pour le reste du continent ?

L’offre n’aurait pas été possible sans le cadre réglementaire sud-africain, l’un des plus avancés d’Afrique. Selon Tech Build Africa, la FSCA avait délivré 300 licences de prestataires de cryptoactifs sur 512 demandes à la mi-décembre 2025. Ailleurs, les règles se mettent en place : au Nigeria, la banque centrale a levé en décembre 2023 l’interdiction faite aux banques de servir les sociétés crypto agréées ; le Kenya et le Ghana ont adopté en 2025 des lois sur les prestataires d’actifs virtuels.

Le modèle de FNB, une plateforme agréée en coulisses, des actifs qui ne sortent pas et une clientèle prudente, a de quoi séduire d’autres banques. Il réduit leurs risques et garde le client chez elles. Il convient moins à ceux qui utilisent la crypto pour envoyer de l’argent à l’étranger ou se protéger d’une monnaie qui s’effondre : pour eux, un actif qu’on ne peut pas retirer ne règle rien.

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Sources
  1. FNB launches crypto trading, TechCentral.
  2. FNB brings crypto trading to banking platform, ITWeb.
  3. South Africa’s FNB Opens Crypto Trading, But the Coins Stay in the Bank, Tech Build Africa.

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