Djamo cherche 40 millions de dollars pour étendre sa néobanque au-delà de la Côte d’Ivoire et du Sénégal
La fintech ivoirienne prépare une série C de 40 millions de dollars, la plus grosse de son histoire si elle aboutit. Ses fondateurs veulent d’abord consolider la rentabilité à Abidjan, puis avancer en Afrique de l’Ouest francophone, où l’attend Wave. Aucun investisseur n’a encore été annoncé.
Pourquoi c’est importantSi le tour aboutit, les clients de l’UEMOA auront un concurrent de plus à Wave et au mobile money des opérateurs, avec IBAN, carte Visa, épargne et petits crédits sur téléphone.
- La fintech ivoirienne Djamo prépare une série C de 40 millions de dollars, selon son cofondateur Hassan Bourgi, interrogé par ITWeb Africa ; le tour n’est pas bouclé et aucun investisseur n’est annoncé.
- L’entreprise a levé 31 millions de dollars en fonds propres et 5 millions en dette depuis 2020 ; son dernier tour, de 17 millions en avril 2025, était mené par Janngo Capital.
- Depuis septembre 2025, un agrément de microfinance de la BCEAO lui permet d’offrir comptes courants, épargne rémunérée jusqu’à 6 % et crédits jusqu’à un million de FCFA.
- Au Sénégal, où domine Wave, son site propose IBAN, carte Visa et poches d’épargne, sans afficher de taux ni d’agrément local distinct.
« Nous visons une levée de 40 millions de dollars pour notre série C. » La phrase est de Hassan Bourgi, cofondateur et directeur général de Djamo, dans un entretien accordé à Abidjan au site ITWeb Africa. Pour une start-up ivoirienne, le montant est hors norme : il dépasse tout ce que l’entreprise a levé en fonds propres depuis sa création, soit 31 millions de dollars, auxquels s’ajoutent 5 millions de dollars de dette.
Le tour n’est pas bouclé. Ni la date de clôture ni les investisseurs pressentis n’ont été rendus publics, et la presse sénégalaise, qui a remis le sujet en avant ces derniers jours, n’apporte pas d’élément nouveau sur ce point. L’intention, elle, est claire : les fondateurs disent vouloir consolider la rentabilité sur leur marché d’origine avant d’accélérer dans le reste de l’Afrique de l’Ouest francophone, une fois le Sénégal ouvert.
D’une carte prépayée à un agrément de la BCEAO
Fondée en 2020 par Hassan Bourgi et Régis Bamba, passée par l’accélérateur américain Y Combinator, Djamo a commencé par une application et une carte Visa émise avec des banques partenaires. Le tournant date du 11 septembre 2025 : la société annonce avoir obtenu de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) un agrément de microfinance, une première pour une fintech ivoirienne. Il lui permet de proposer elle-même des comptes courants sans plafond, une épargne rémunérée jusqu’à 6 % par an et des crédits de trésorerie jusqu’à un million de FCFA (environ 1 500 euros). La filiale Djamo Finances est confiée à Elfried Didehia, ancien d’Ecobank et du groupe Cofina.
Ce statut n’est pas celui d’une banque. Il ouvre en revanche la porte au compte courant sans intermédiaire, ce qui manquait à l’entreprise. Le dernier tour, de 17 millions de dollars en avril 2025, avait été mené par Janngo Capital, avec Partech, Oikocredit, Enza Capital et Y Combinator.
Au Sénégal, face à Wave
Au Sénégal, le site de Djamo propose un IBAN gratuit utilisable avec les banques de l’UEMOA, une carte Visa, des « poches » d’épargne par projet, des placements dans des fonds cotés à la BRVM et une formule Premium à 2 000 F par mois. La page ne mentionne ni taux de rémunération ni agrément sénégalais distinct : les mentions légales renvoient à Djamo Côte d’Ivoire et à sa maison mère américaine. Nous n’avons pas trouvé de document précisant si l’épargne rémunérée à 6 % proposée en Côte d’Ivoire est déjà ouverte aux clients sénégalais.
Le marché est tenu par Wave et par le mobile money des opérateurs. Les fondateurs comptent se distinguer sur les envois d’argent en famille, les paiements transfrontaliers et le crédit numérique moins cher, et visent la diaspora et les jeunes clients. Le nombre d’utilisateurs varie selon les sources : deux millions d’après ITWeb Africa, « plus d’un million » sur le site de l’entreprise.
Les comptes professionnels transfrontaliers restent à faire : Djamo discute avec une banque locale pour les ouvrir aux PME. Pas de bitcoin au programme, a prévenu Régis Bamba. L’entreprise dit en revanche discuter avec la banque centrale d’un cadre expérimental pour utiliser des stablecoins dans les paiements entre pays. Ce sont des pistes, pas des produits.
- Djamo targets Francophone Africa with $40m raise, ITWeb Africa.
- Djamo devient la première fintech ivoirienne agréée en microfinance, Managers.
- Régis Bamba : Djamo, une fintech ivoirienne qui vise le Sénégal, Osiris / Leral.
- Djamo Sénégal, Djamo.
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