DakarLagosNairobiParisSan FranciscoTokyo

Sénégal–Mali : une nouvelle route pour le trafic Internet

Le Sénégal et le Mali ont interconnecté leurs réseaux nationaux de fibre optique au niveau de Kidira et Diboli. Au-delà de la liaison technique, cette infrastructure doit diversifier les routes de connectivité entre les deux pays et renforcer la résilience de leurs réseaux numériques.

L’interconnexion des réseaux dorsaux du Sénégal et du Mali vise à diversifier les routes de transmission des données entre les deux pays.
L’interconnexion des réseaux dorsaux du Sénégal et du Mali vise à diversifier les routes de transmission des données entre les deux pays.Photo : fiberecki, CC0 · source
Résumé en 30 secondes
  • Sénégal Numérique SA (SENUM SA) et la Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD-SA) ont inauguré début octobre une interconnexion entre leurs réseaux dorsaux, aussi appelés backbones. Cette liaison permet de faire circuler des données entre les infrastructures publiques des deux pays pa
  • Elle ne signifie pas que les abonnés disposent automatiquement d’un Internet plus rapide. Son intérêt se situe d’abord dans le transport des données, la redondance des réseaux et les possibilités offertes aux opérateurs et aux administrations.
La suite : Une liaison entre deux réseaux nationaux

Une liaison entre deux réseaux nationaux

La connexion a été inaugurée à la frontière entre le Sénégal et le Mali, dans la zone de Kidira, côté sénégalais, et de Diboli, côté malien. Le projet associe les deux organismes publics chargés de leurs infrastructures nationales de transmission. Une dorsale de fibre optique constitue en quelque sorte l’autoroute des données. Elle transporte de gros volumes de trafic entre les villes, les centres de données, les administrations et les réseaux des opérateurs. Les réseaux mobiles et les connexions fixes s’appuient ensuite sur ces infrastructures pour acheminer les communications jusqu’aux utilisateurs. L’interconnexion crée donc un point de passage supplémentaire entre les deux pays. Elle s’inscrit dans une logique de coopération régionale, mais aussi de sécurisation des communications.

Pourquoi cette liaison compte-t-elle ?

Pour un pays enclavé comme le Mali, la diversité des routes d’accès aux réseaux internationaux est un enjeu stratégique. Les échanges de données avec l’extérieur reposent sur des infrastructures de transmission qui peuvent traverser plusieurs pays. Disposer de routes alternatives permet de limiter la dépendance à un seul itinéraire. La nouvelle liaison peut également faciliter les échanges entre administrations, entreprises et fournisseurs de services numériques qui utilisent les réseaux de transport concernés. À terme, une infrastructure mieux interconnectée peut soutenir l’hébergement de services, les échanges de données et le développement de solutions numériques transfrontalières. Mais il faut rester précis : l’inauguration ne suffit pas à démontrer une baisse des prix de l’Internet, une amélioration mesurable des débits pour les particuliers ou une disparition des coupures. Ces résultats dépendront de l’exploitation de la liaison, des capacités disponibles, des accords commerciaux et de la manière dont les opérateurs l’utiliseront.

Un projet qui s’inscrit dans l’intégration numérique régionale

Le Sénégal dispose d’une position importante dans les réseaux de télécommunications ouest-africains, notamment grâce à ses connexions internationales. Le Mali, de son côté, poursuit le développement de ses infrastructures nationales de transmission. La jonction des deux réseaux publics renforce les possibilités de coopération entre ces infrastructures. L’enjeu dépasse donc le simple raccordement de deux câbles. Pour les économies de la région, la connectivité est devenue indispensable aux paiements numériques, aux services administratifs, aux échanges commerciaux et à l’activité des entreprises technologiques. La prochaine étape sera de savoir dans quelle mesure cette liaison sera utilisée, quelle capacité elle pourra transporter et quels acteurs pourront s’y connecter. Ces éléments permettront de mesurer son impact réel.

Cet article vous a-t-il servi ?

À lire aussi

Un kiosque de transfert d’argent mobile à Lomé, au Togo, en 2021. Les nouvelles règles de la BCEAO s’appliquent le même jour dans les huit pays de l’UEMOA, du Sénégal au Togo.Guide
Économie numérique · Sénégal

Mobile money : le plafond des comptes Wave ou Orange Money passe à 4 millions de FCFA le 2 novembre

La BCEAO double le plafond de détention de monnaie électronique et relève celui des recharges mensuelles à 15 millions de FCFA. Le même jour, les envois entre opérateurs devront passer par sa plateforme PI-SPI, gratuits jusqu’à 8 000 FCFA par jour. Ce qui change pour vous dans douze jours, et ce que les textes ne disent pas.

9 min de lecture

Plus sur NovoTech

Le Brief NovoTech

La tech africaine et mondiale, chaque matin à 7 h.

Cinq sujets, cinq minutes, heure de Dakar. Gratuit, désinscription en un clic.

Nous ne revendons pas les adresses.